- Philippe
- Odile
Nous décidons de faire une grande voie facile pour une reprise en douceur. Ce sera le Grand Eulier par la voie Gaspard. Odile l'a déjà faite deux fois, je l'ai déjà faite quatre fois.
9h00, nous prenons la télécabine pour la Croix de Chamrousse.
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| Philippe, marche d'approche |
10h30, nous arrivons au pied de la voie.
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| Odile au pied de la voie |
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| Philippe, Odile, au pied de la voie |
L'ascension se déroule normalement, sautant deux relais, malgré le tirage, pour progresser plus vite.
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| Odile en tête |
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| Odile en second |
Odile se trouve un peu en difficulté après une glissade sur la partie la plus technique.
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| Odile au relais |
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| Philippe au relais |
Arrivés au dernier relais nous devons progresser corde tendue sur la ligne de crête pour rejoindre le sentier de descente.
Odile m'assure depuis un point, je pars à la recherche d'un deuxième point pour commencer notre progression corde tendue tout en restant assurés sur deux points.
Le cheminement n'est pas évident. Je cherche du regard mais je ne vois toujours pas le second point. Le vide est présent des deux côtés.
Je choisis de passer vers le bas. Je prends une prise des deux mains. Le bloc se dérobe. Trop tard ! Le bloc chute, je pars avec, en arrière, tête en bas. Je sens bien que ça va mal. Je suis bousculé dans tous les sens. Une branche, le ciel, les rochers. Pas le temps de réagir. Après 5 ou 6 mètres, enfin je m’arrête.
Odile n'a rien vu depuis où elle est. Juste entendu crier putain, puis des gémissements.
Je sens une violente douleur dans le dos et au pied droit. Je pense que j'ai le pied cassé. Je saigne un peu mais je ne sais pas d'où.
J'informe Odile de la situation, j'essaye de reprendre mes esprits.
Je me relève. Je me rends compte que le problème n'est pas mon pied mais mon genou. Je ne peux pas prendre appui sans que la douleur ne me lance. Ma rotule semble déplacée. Je pense à une entorse.
J'essaye de remonter. Les blocs se dérobent les uns à la suite des autres.
J'atteins un point d'assurage. Je ne me sens pas bien. J'ai l'impression que je vais partir. Je me vache. Je respire profondément.
Il faut essayer d'atteindre la fin de l’arête pour se mettre en sécurité et faire le point.
Après une progression lente, laborieuse, douloureuse, posant des sangles pour ajouter des sécurités, nous atteignons la fin de l’arête.
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| Philippe à l'arrivée de l'arête |
Il devient évident que je ne pourrai pas redescendre sans aide.
On se restaure un peu, je fume une cigarette, on range le matériel. On appelle le 112.
Le téléphone passe mal. Nous sommes en sécurité et la douleur au repos est supportable. La Sécurité Civile nous demande de patienter : il y a plusieurs demandes de secours en attente et un hélico est en rade. Ils nous rappellerons quand ils viendront sur site, dans un peu plus d'une heure.
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| Philippe |
Après une demi-heure, un son de plus en plus présent et l'hélico apparaît dans un bruit puissant qui résonne dans la montagne. Nous faisons le signe de demande de secours. Un premier tour, l'hélico ne nous a pas repéré.
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| L'hélicoptère ne nous a pas repéré |
Un deuxième tour, ils nous aperçoivent. Je vois distinctement le pilote. Je lui montre ma jambe en hochant de la tête pour confirmer que c'est bien nous qu'ils recherchent. Il fait un signe d’acquiescement.
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| Nous sommes repérés |
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| Philippe |
Au troisième tour, en approche, l'un des secouristes est déjà à l'extérieur, prêt à être treuillé vers nous.
Le souffle des pales est puissant, on se protège les yeux. Un deuxième secouriste descend, prépare Odile pour l'hélitreuillage et l'hélico repart aussitôt pour la déposer à la station.
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| Odile a été déposée en station |
Le secouriste resté avec moi conditionne ma jambe dans une attelle gonflable. Je ressens un grand soulagement.
Nous attendons le retour de l'hélico. "Fafa pour Dragon, Fafa pour Dragon". La communication est difficile.
Enfin, ils reviennent vers nous. Après avoir contrôlé mon baudrier, nous sommes accrochés et treuillés.
Je m’installe au fond de l'hélico, je les remercie par signe, le bruit empêchant tout dialogue.
Nous partons pour l'hôpital de Grenoble sud où je suis pris en charge.
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| L'attente aux urgences de Grenoble Sud |
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| Philippe |
Diagnostic : fracture du plateau tibial.
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| Un bien beau plâtre ! |



















































